L'ACT et l'Hexaflex
- yherry92500
- 6 déc. 2025
- 5 min de lecture
L’ACT (Thérapie d’Acceptation et d’Engagement) est une approche de psychothérapie moderne, issue de la 3e vague des thérapies cognitivo-comportementales, et validée scientifiquement.
Elle vise à aider la personne à accepter ses pensées et émotions difficiles, tout en s’engageant vers des actions en accord avec ses valeurs.
Elle repose sur deux bases théoriques :
- Le contextualisme fonctionnel, qui analyse les comportements (actions, pensées, émotions…) selon leur contexte et leur utilité.
- La théorie des cadres relationnels, qui explique comment le langage et la pensée influencent notre comportement.
Le contextualisme fonctionnel est une manière de comprendre les comportements humains en tenant compte du contexte dans lequel ils apparaissent et des effets qu’ils produisent.
Autrement dit, il ne s’agit pas de juger si un comportement est “bon” ou “mauvais” en soi, mais de comprendre à quoi il sert, dans quelle situation il apparaît, et s’il aide la personne à avancer vers ses objectifs.
C’est une base essentielle de l’ACT, car cela permet de se concentrer sur l’utilité du comportement plutôt que de vouloir le supprimer ou le changer à tout prix.
La théorie des cadres relationnels (RFT) explique comment notre cerveau utilise le langage pour donner du sens au monde, même sans expérience directe.
Les humains associent des mots, des idées ou des objets entre eux, au-delà de ce qu’ils sont concrètement, grâce à des relations apprises (comme "plus grand que", "semblable à", etc.).
Cette capacité à créer des liens mentaux guide nos comportements selon des règles verbales ou sociales.
Mais si ces règles sont rigides ou inadaptées, elles peuvent freiner notre bien-être et limiter notre capacité à agir de façon souple et adaptée.
Selon Hayes il existe trois manières de suivre les règles :
1. La Pliance :
Suivre une règle pour plaire ou éviter de déplaire, sans tenir compte du contexte.
Exemple : "Je dois être parfait" → anxiété ; "Ne parle pas quand les adultes parlent" → comportement appris pour être un « bon enfant ».
2. Le Tracking :
Suivre une règle parce qu’elle semble efficace dans une situation donnée, en lien avec une conséquence directe ou observable.
Exemple : "Je fume pour me calmer" → effet immédiat mais problématique à long terme.
3. Les Augmentals :
Règles influencées par des valeurs, croyances ou jugements internes, qui donnent une valeur positive ou négative à une expérience.
Exemple : "Je ne peux pas vivre avec cette anxiété" ou "Je dois toujours être heureux" → rigidité émotionnelle et attentes irréalistes.
Ces trois formes influencent notre comportement et peuvent limiter notre flexibilité si elles sont suivies de manière automatique ou rigide.
Viktor Frankl, fondateur de la logothérapie, illustre la notion d’augmental thérapeutique à travers l’exemple d’un homme en deuil.
Ce médecin, profondément déprimé par la perte de sa femme, retrouve du sens à sa souffrance lorsqu’on lui fait réaliser que sa douleur a épargné à sa femme une souffrance identique si elle avait survécu à sa mort.
Ce changement de perspective donne une valeur symbolique et altruiste à sa douleur : elle devient un acte de sacrifice, porteur de sens, et non plus une peine vide.
L’idée clé :
La souffrance devient supportable et transformable quand elle prend un sens personnel. Cela ne signifie pas qu’elle est souhaitable, mais que lorsqu’elle est inévitable, lui donner un sens permet de mieux la traverser, plutôt que de la subir passivement.
Ce mécanisme — donner du sens à une expérience difficile — correspond à un augmental positif : une règle ou croyance qui renforce notre résilience face à l’adversité.
La thérapie ACT (Acceptation et Engagement) est une approche validée scientifiquement, dont l’efficacité a été démontrée par une méta-analyse en 2020. Elle est efficace pour traiter des troubles comme l’anxiété, la dépression, le stress, les TOC et la douleur chronique.
Créée dans les années 1980 par Steven Hayes, l’ACT se distingue par son objectif central : développer la flexibilité psychologique. Elle considère la souffrance comme une part normale de la vie humaine et montre que vouloir contrôler ou fuir ses émotions est souvent inefficace.
Plutôt que d’éliminer la douleur, l’ACT enseigne à vivre avec, à accepter ses expériences internes désagréables, et à agir en accord avec ses valeurs. L’objectif n’est pas de toujours "aller bien", mais de vivre pleinement, même dans l’inconfort.
Voici une reformulation résumée et claire du texte :
La flexibilité psychologique est au cœur de la thérapie ACT. Elle désigne la capacité à rester présent, ouvert à ses pensées et émotions, et à agir en cohérence avec ses valeurs, même face aux difficultés.
Selon Steve Hayes, c’est savoir adapter son comportement aux situations tout en restant fidèle à ce qui compte profondément pour soi.
Cette approche permet de mieux faire face aux défis de la vie, d’améliorer notre bien-être mental et de ressentir plus de vitalité, c’est-à-dire le sentiment d’être pleinement vivant.
L’ACT développe cette flexibilité à travers 6 processus qui, ensemble, permettent de vivre une vie plus riche, plus consciente et alignée avec ses valeurs, même en présence de difficultés :
1. Défusion cognitive : apprendre à prendre du recul sur ses pensées, les observer sans s’y accrocher ni les laisser diriger nos actions.
2. Acceptation : accueillir les émotions, sensations et pensées désagréables sans les fuir ni les combattre, comme des expériences humaines normales.
3. Contact avec le moment présent : être pleinement attentif à ce qui se passe ici et maintenant, en soi et autour de soi.
4. Soi comme contexte (Moi observateur) : se reconnecter à une conscience stable et bienveillante de soi, qui observe sans jugement nos pensées et émotions.
5. Clarification des valeurs : identifier ce qui compte profondément pour soi, ce qui donne du sens à ses actions.
6. Action engagée : poser des actions concrètes, cohérentes avec ses valeurs, même en présence d’obstacles internes.
Ces 6 processus forment un tout dynamique qui développe la flexibilité psychologique, c’est-à-dire la capacité à faire face à la vie avec ouverture, conscience et engagement.

La rigidité psychologique décrit les processus inverses de ceux de la flexibilité, et explique comment nous restons bloqués dans des schémas souffrants.
Voici les 6 pôles en version rigide :
1. Fusion cognitive : être pris dans ses pensées, les considérer comme des vérités absolues (ex. : "je suis nul", "je dois réussir sinon je vaux rien").
2. Évitement expérientiel : fuir ou lutter contre ses émotions, pensées ou sensations inconfortables (ex. : éviter les conflits, se distraire pour ne pas ressentir).
3. Moment absent : être coupé du présent, vivre en pilote automatique, ressasser le passé ou s’inquiéter du futur.
4. Moi conceptualisé : être enfermé dans une image figée de soi ("je suis timide", "je ne suis pas fait pour ça").
5. Valeurs floues ou absentes : perdre de vue ce qui est vraiment important, agir par automatisme ou sous pression externe.
6. Inaction ou actions impulsives : ne pas agir du tout, ou agir de façon désorganisée, loin de ses valeurs.
Cette rigidité crée une souffrance persistante, car elle empêche l’adaptation et l’épanouissement. L’objectif de l’ACT est de faire passer progressivement de cette rigidité à la flexibilité psychologique.





Commentaires